Emplacement du rucher

Assurer une bonne santé du rucher, c'est se poser les bonnes questions quant à son emplacement et la proximité de ressources en nourriture.
C'est une question inhérente à l’apiculture. Est évoqué ici le cas d’une apiculture sédentaire. 
Prévoir et donc réduire le risque d'élever des colonies d'abeilles faibles prévient, en théorie, la gestion difficile d'un rucher et le déroulement agréable et motivant de l'année apicole.
Quels que soient les objectifs de l’apiculteur, il lui faut respecter une condition essentielle : placer son rucher dans un environnement qui apportera aux abeilles un logis satisfaisant mais aussi de la nourriture en quantité, de qualité et diversifiée, tout au long des saisons hiver mis à part.
Il paraît évident qu’il y a plus de risques de perdre des colonies d’abeilles si celles ci sont faibles car anémiées, ou que leurs ruches sont trop exposées aux manifestations pénibles des aléas climatiques.
Il faut ainsi tenir compte des besoins de vie et de confort des abeilles en leur donnant la possibilité de trouver, si possible dans un rayon immédiat de 800 mètres, toutes leurs ressources en nectar, pollen, eau et propolis. Au delà, et cela pèse d’autant plus que la nourriture se fait lointaine, les abeilles consomment une partie de ce qu’elles récoltent pour effectuer leurs trajets. 
S’en suit une fatigue accrue, des réserves diminuées, des colonies faibles qui traverseront difficilement l’hiver ou qui peineront, le cas échéant, à affronter prédateurs ou maladies. 
Aidez vous de cette carte en ligne et de son outil "tracer des cercles autour d'un point" pour voir ce qui se trouve dans un rayon de X mètres autour d'un rucher. Dessinez un cercle de 800 mètres de rayon puis un autre de 3 kilomètres, les abeilles n'iront guère plus loin.
Le rucher sera à l’abri des vents dominants et recevra le soleil du matin. Dans un tel rucher, l’orientation de chaque ruche importe peu, à l’est, au sud ou au nord, les conditions d’exposition seront bonnes.
Les ruches seront surélevées afin de ne pas être exposées à une source d’humidité constante. Le toit doit être parfaitement étanche et la ruche reste plus saine si elle est aérée (plateau grillagé). Ces points sont à vérifier régulièrement : bon état des éléments constitutifs de la ruche, entretien de l’environnement direct (tonte, élagage, etc. … ).
À ce propos, il peut être utile d’isoler modérément ses ruches du froid mais il est mauvais de l’emballer ou de la calfeutrer à l’excès. Mieux vaut ne pas isoler du tout que de bloquer une ventilation efficace. Bien souvent il en résulte une hausse du taux d’humidité à l’intérieur de la ruche, mauvaise chose pour les abeilles qui auront plus de mal à maintenir la chaleur qui leur est nécessaire, et propice à l’installation de mycoses.  
Le confort de l’apiculteur est lui aussi à prendre en compte. Il lui faut de la place pour évoluer et travailler aisément autour de ses ruches, ainsi qu’un accès facile à son rucher.

Des ruches fortes sont évidemment plus résistantes, bien que jamais invincibles. Par ces temps où nos abeilles sont la proie de bien des maux, un des premiers réflexes, mais pas le seul, doit être de leur offrir un environnement suffisant à leur besoins primaires et vitaux. 
Cela a aussi pour avantage, de ne pas exposer l’apiculteur à une position perturbante, épuisante et même coûteuse; d’assistant de vie de ses ruches. Si il faut nourrir en quantité démesurée son cheptel d’abeilles pour qu’il survive à l’hiver ou à la reprise du printemps, si il faut annuellement retrouver des essaims car les colonies ne s’installent jamais, la remise en question de l’emplacement du rucher devient pertinente, entre autres points. 

Nourrir périodiquement au sirop ou au candy ses ruches est aujourd’hui trop souvent nécessaire bien que parfois contesté et problématique. Une colonie forte qui a produit du miel que l’apiculteur a laissé en quantité suffisante passe l’hiver avec ses réserves qu’il est inutile de compléter. Il est intéressant d’assurer l’accès à des nourritures naturelles en quantité toute l’année pour avoir à nourrir peu ou pas du tout  plutôt que beaucoup. 
Installer un rucher à proximité de cultures traitées ou de mono-cultures est par exemple une cause fort probable de fatigue voire de perte de ses colonies d’abeilles. 
La proximité de forêts est ainsi à rechercher, grandes pourvoyeuses de nectar et en théorie non traitées. Une telle implantation ne sera cependant pas la gageure de succès et de bonnes santés des abeilles.

Il y a aussi quelques points législatifs à respecter :
Un rucher, qu’il soit constitué d’une ruche ou plus, est à déclarer aux services sanitaires vétérinaires. L’apiculteur doit s’enregistrer et recevra un numéro d’apiculteur, le NUMAPI. Ces démarches sont gratuites et obligatoires.
Le nombre de colonies d’abeilles hébergées est à déclarer obligatoirement tous les ans à l’automne.
Le code rural (articles L-211-6 et R-211-7) définit les précautions à prendre pour installer un rucher. Un arrêté municipal ou préfectoral peut restreindre ces droits.

De façon pratique, pour placer ses ruches dans un environnement habité, des distances sont à respecter :

  • de façon générale, elles doivent être placées à plus de 20 mètres de la voie publique et des habitations voisines. 

  • distance repoussée à 100 mètres à proximité d’établissements collectifs. 

  • distance réduite à 10 mètres dans le cas d’un voisinage fort végétalisé et boisé. 

  • distance réduite totalement dans le cas de l’implantation du rucher auprès de haies ou murs d’au moins 2 mètres de haut, sans discontinuité dans leur longueur, séparant le voisinage des ruches et s’étendant d’au moins 2 mètres de chaque côté du rucher.

Le  rucher doit être identifié à l’aide du NUMAPI, numéro d’immatriculation de l’apiculteur. Il sera de préférence clos pour éviter vols, intrusions, accidents ou visites de grands animaux.

Sylvain Boulnois. Sources : RUSTICA, ABC de l’apiculture et autres sources
N'hésitez pas à me contacter via contact@civam276.org pour toutes questions ou remarques.

Un essaim ?

C’est 20 à 30 000 abeilles qui arrivent dans un bourdonnement bruyant et se rassemblent sur une branche, un mur ... L’essaim forme alors une boule allongée brun-noir de 30 à 40 cm de large.
Lorsque les abeilles deviennent trop nombreuses dans la ruche, elles essaiment. La reine part avec une partie des abeilles tandis que dans la ruche les abeilles s’affairent à la naissance d’une nouvelle reine.
L’essaimage a lieu en mai et juin par beau temps. Les abeilles quittent la ruche à grand bruit et se rassemblent avant de se fixer en grappe sur un support, branche, pieu ...
La meilleure solution consiste à appeler un apiculteur qui vous rendra service tout en étant heureux d’en faire profiter un nouvel apiculteur et d’éviter aux abeilles une mort précoce. C’est une affaire qui demande de l’expérience et un matériel adéquat. La difficulté du travail est liée à la position de l’essaim. Recueillir un essaim suspendu à une branche basse est plus aisé que de décrocher des abeilles sur un haut mur ou dans une cheminée ! Voir comment procéder ici


Un essaim chez vous, chez votre voisin ...

Le CIVAM vous en débarrasse gratuitement.

Téléphoner au 06 73 08 44 24

Télécharger l'affichette ici

Comment est fait le miel ?

Les abeilles produisent le miel à partir du nectar recueilli dans les fleurs ou à partir du miellat (excrétion de pucerons).
Les butineuses emmagasinent le nectar dans leur jabot en y ajoutant de la salive contenant une enzyme qui transforme le saccharose en fructose et glucose.
Elles vont ensuite dégorger ce liquide dans les alvéoles de cire et celui ci se concentre par évaporation sous l’effet de la chaleur régnant dans la ruche (entre 36 et 37° C) et de la ventilation assurée par des abeilles ventileuses.
Le miel est stocké dans les cellules des rayons de la ruche. Une fois remplies, elles sont cachetées par un mince opercule de cire afin qu’il se conserve parfaitement.
Une abeille doit butiner à peu près 150 fleurs pour faire son plein de 2 centigrammes de nectar et une butineuse effectue, en moyenne, 25 voyages journaliers d’environ 1 kilomètre chacun, soit 3000 et 4000 fleurs, 25 kilomètres, 1/2 gramme de nectar qui donnera 1/10 de gramme de miel.
2 tours du monde sont nécessaires pour produire un kilo de miel !
Il existe de nombreuses variétés de miels : monofloral (acacia, bruyère, eucalyptus, lavande, sapin, etc.), polyfloral (toutes fleurs, miels de plaine, de montagne, de forêt, de printemps, d’été), selon l’origine géographique (miel des Alpes, d’Anjou, de Corse, du Gâtinais, de Provence, des Vosges, etc.). Il n’y a que 2 AOC en France (corse / sapin des Vosges).

Comment est fabriquée la gelée royale ?

Image geleeroyale-gpgr.fr
La gelée royale est sécrétée par les glandes (hypopharyngiennes et mandibulaires) des abeilles ouvrières, entre le 5ème et le 14ème jour de leur existence (nourrices).
C’est la nourriture,
• jusqu’au 3ème jour de leur existence, de toutes les larves de la colonie ;
• jusqu’au 5ème jour de leur existence, des larves choisies pour devenir reines ;
• pendant toute la durée de son existence. de la reine de la colonie.
La larve royale (5 jours consécutifs d’alimentation à la gelée royale) voit son poids multiplié d’environ 2000 fois !...
La reine, qui est nourrie toute sa vie exclusivement à la gelée royale, peut vivre jusqu’à 5 ou 6 ans (l’ouvrière vit en moyenne 45 jours) et peut pondre jusqu’à 2000 œufs par jour pendant toutes ces années.
• La gelée royale se présente sous l’aspect d’une pâte gélatineuse, légèrement jaunâtre.
• la quantité dont disposent les larves royales dépasse leurs besoins, ce qui permet de la récolter. Mais la production de cellules royales n’a lieu que dans deux cas exceptionnels : - quand la reine est morte - ou quand la population de la ruche est devenue trop nombreuse et qu’une partie la quitte avec la vieille reine (c’est ce qui correspond à l’essaimage) pour aller fonder une nouvelle colonie, les abeilles restantes menant alors à bien l’éclosion de plusieurs cellules royales mises en train avant le départ de l’essaim.
L’élevage des reines permet de récolter 300 grammes (jusqu’à 500 grammes en production intensive) par ruche et par an.

La propolis : un antibiotique naturel issu de la ruche

Prélevée sur les bourgeons de certains arbres par l’abeille, avant d’être transformée sous l’action des sécrétions salivaires de cette butineuse appliquée, la propolis est encore une des richesses que nous dispense la nature. Fruit d’un travail minutieux dont nous récoltons les lauriers, elle est aujourd’hui de plus en plus plébiscitée pour ses propriétés thérapeutiques humaines.
Ces qualités ne sont d’ailleurs pas étrangères aux services que rend cette substance « faite maison » à la ruche. Outre l’obstruction de possibles fissures, la propolis est utilisée par les abeilles pour embaumer les intrus potentiels ayant pénétré dans la ruche. Ne pouvant se débarrasser de ces indésirables trop imposants, les travailleuses leur constituent un cocon funéraire à base de propolis, laquelle, en vertu de ses propriétés anti-microbiennes, prévient toute décomposition.
S’il n’est pas en mesure de reproduire les diverses étapes de sa fabrication, l’homme, en observateur averti, a rapidement compris qu’il pourrait tirer parti des étonnantes propriétés de ce produit de la ruche. En témoignent les nombreuses études scientifiques menées au cours des trente dernières années afin d’étudier la composition de cette substance complexe. Elles ont notamment révélé que la propolis est capable de stopper près d’une dizaine de germes pathogènes, égalant ainsi l’action de certains antibiotiques de la médecine classique. En outre, à ce rôle d’antibiotique naturel, s’ajoutent des propriétés anti-inflammatoires et anesthésiques.
Loin d’être exhaustives, ces qualités médicinales représentent de sérieux atouts pour contrer certains désordres courants affectant l’organisme. La propolis peut, en effet, être mise à profit dans le traitement de certains troubles ORL, petits maux hivernaux touchant la gorge, le nez et les oreilles, tels que les angines légères, les rhino-pharyngites, certains cas d’otites externes etc. Dans un domaine différent, elle prévient également l’apparition de caries ou d’abcès dentaires, et combat les problèmes de mauvaise haleine. La sphère dermatologique y trouve aussi son compte, le pouvoir de cicatrisation de la propolis la rendant apte à soigner les coupures, les engelures, de même que les brûlures et les coups de soleil.
Disponible sous diverses formes (pâtes à mâcher, gélules, granulés, poudre, pommades, solutions liquides, sprays buccaux…) au gré des goûts et préférences de chacun, la propolis se déniche chez des apiculteurs spécialisés, dans des magasins diététiques ou tout simplement en parapharmacie. Pourtant, malgré l’intérêt croissant du public, le statut à accorder à la propolis reste problématique et freine sa diffusion. Classée comme aliment par la réglementation, elle peine à trouver sa légitimité, à cheval entre le complément alimentaire et la médication naturelle.

Le pollen

Le pollen que récolte l’abeille est nécessaire à son alimentation. Pour l’homme, il est complément alimentaire de premier plan.


Dans leur activité de butinage, les abeilles visitent certaines plantes et transportent leur pollen vers d’autres fleurs. Ainsi, en récoltant un élément essentiel de son alimentation, l’abeille assure la reproduction des espèces visitées. Lors de sa visite, l’abeille s’agite dans la fleur. Une fois recouverte de pollen, l’abeille s’élève au-dessus de la fleur et se brosse méthodiquement avec ses pattes. Cette gymnastique particulière permet de ramener tout le pollen dans ses corbeilles, placées sur la face externe de sa troisième paire de pattes.
De retour à la ruche, l’abeille décroche et stocke ces pelotes dans les rayons en périphérie du couvain. Dans l’ambiance chaude de la ruche et en présence d’acide lactique, le pollen entame alors une lacto-fermentation. Sa digestibilité en est nettement améliorée, ainsi que sa conservation. Il sera consommé au fur et à mesure des besoins des jeunes nourrices.

Comment devenir membre du CIVAM ?

Rejoignez-nous en cliquant ci-dessous.

Back to top